Où va le contenu, et où il ne va surtout pas
Commençons par la tentation la plus fréquente : le local à conteneurs. Il est dimensionné pour les ordures ménagères de l'immeuble, pas pour un intérieur complet. Un dépôt de déchets dans des conteneurs sans respecter les conditions fixées par l'autorité administrative constitue d'ailleurs une contravention de deuxième classe, prévue à l'article R. 632-1 du code pénal. Le contenu d'un lot repart donc par la route, trié.
Le service public d'enlèvement n'est pas davantage taillé pour cela. Sur la métropole azuréenne, la collecte des encombrants est gratuite et se fait uniquement sur rendez-vous, pour un volume global inférieur à 3 m³ ; en sont exclus les déchets professionnels, les gravats et le plâtre, les pneus, la peinture, les batteries, l'amiante, les extincteurs, les bouteilles de gaz et les déchets contaminés d'origine hospitalière. Autant dire que la cave d'un immeuble ancien dépasse le cadre dès la première brouette, et que le volume réel se chiffre autrement, comme l'explique la page consacrée à la formation d'un montant.
Du côté professionnel, l'étau s'est resserré. Depuis le 1er juillet 2025, l'accès aux déchèteries de la métropole marseillaise est interdit aux professionnels, à la suite du règlement adopté le 27 février 2025, et la collectivité indique aux entreprises que leurs déchets ne sont acceptés dans aucune déchèterie métropolitaine. Une équipe qui intervient dans un immeuble travaille donc avec des exutoires privés déclarés, ce qui n'a rien d'anecdotique pour un syndic soucieux de traçabilité. Les professionnels de la gestion trouveront le détail sur la page destinée aux syndics et aux agences.
Le tri, lui, suit les mêmes règles partout. Le tri à la source de cinq flux (papier et carton, métal, plastique, verre, bois) s'impose aux producteurs de déchets non ménagers depuis le décret n° 2016-288 du 10 mars 2016, codifié aux articles D. 543-278 à D. 543-287 du code de l'environnement. Depuis le 1er janvier 2025, les textiles s'y ajoutent, portant l'obligation à six flux. Et les exploitants d'installations de valorisation comme les intermédiaires assurant la collecte, le transport, le négoce ou le courtage de déchets délivrent chaque année une attestation de valorisation, avant le 31 mars de l'année suivante. La façon dont ces flux se séparent sur le chantier est détaillée dans notre marche à suivre pour vider un logement entier.
Reste le mobilier, qui représente l'essentiel du volume. Ce qui se replace vient en déduction du montant de l'intervention ; le reste rejoint la filière des éléments d'ameublement, fondée sur l'article L. 541-10-1 du code de l'environnement, dont trois éco-organismes sont agréés jusqu'au 31 décembre 2029. Savoir ce qui pèse dans la première colonne change souvent le résultat, et le repère de ce qui se replace se lit avant d'ouvrir les cartons.
Dernier point utile au moment d'une vente : le carnet d'entretien. Le syndic l'établit et le tient à jour sans avoir à y être autorisé par l'assemblée générale ; il mentionne l'adresse de l'immeuble, l'identité du syndic, les références des contrats d'assurance souscrits par le syndicat et leur échéance, l'année de réalisation des travaux importants avec l'identité des entreprises, et les références des contrats d'entretien des équipements. Il est consultable en ligne par les copropriétaires et doit être annexé à toute promesse de vente d'un lot. Quand cette vente suit un décès, l'ordre dans lequel les pièces se réunissent est décrit sur notre page sur le vidage à plusieurs héritiers.