Déclarer la succession : les échéances qui existent vraiment
La déclaration de succession doit être déposée dans les six mois du décès lorsque celui-ci est survenu en France métropolitaine, et dans l'année dans tous les autres cas, en application de l'article 641 du CGI. Le délai court du jour du décès, sans que l'administration ait à prouver l'acceptation des héritiers ; le jour du décès ne compte pas, mais le dernier jour du délai est compris. Pour les successions comportant des immeubles situés en Corse, le délai de dépôt est porté à vingt-quatre mois, sous les conditions de l'article 641 bis du CGI.
Toutes les successions ne donnent pas lieu à déclaration. Aucune n'est exigée lorsque l'actif brut successoral est inférieur à 50 000 euros pour une transmission aux héritiers en ligne directe et au conjoint survivant, en l'absence de donation antérieure du défunt, et inférieur à 3 000 euros pour les autres héritiers. Sous ces seuils, la question de l'évaluation du mobilier perd l'essentiel de son enjeu.
Quand la déclaration est due, elle se compose du formulaire 2705 accompagné selon les cas des imprimés 2705-S pour l'identification des héritiers, 2706 pour le détail de l'actif et du passif et 2705-A pour l'assurance vie ; elle est adressée au service de l'enregistrement dont dépendait le domicile du défunt. Le passage par une étude, lui, s'impose dans trois cas seulement : bien immobilier compris dans la succession, montant atteignant 5 965 euros, existence d'un testament ou d'une donation entre époux. L'organisation du chantier entre héritiers se prépare séparément de la question fiscale.
Encore faut-il s'entendre sur le mot mobilier. Les meubles meublants s'entendent, au sens de l'article 534 du Code civil, des meubles destinés à l'usage et à l'ornement des appartements : tapisseries, lits, sièges, glaces, pendules, tables et porcelaines. Les tableaux et les statues qui ornent le logement y sont compris s'ils ne constituent pas une collection ; les collections rassemblées dans une galerie ou une pièce particulière en sont exclues. Les bijoux, pierreries et objets d'art ou de collection ne sont pas des meubles meublants et relèvent d'un régime d'évaluation distinct. Ce tri se fait pièce en main, avec le même regard que celui décrit dans l'examen de ce qui a une valeur marchande.
Un dernier mot sur ce qui circule en ligne. Aucune réponse ministérielle ne traite nommément des frais de débarras, et nous n'en citons aucune. La non-déductibilité se lit dans le mécanisme du passif successoral lui-même : condition d'antériorité, énumération limitative des exceptions. C'est plus solide qu'une référence approximative, et surtout c'est vérifiable en deux clics. Pour la partie opérationnelle, le rachat en bloc d'un intérieur complet est traité sur notre page consacrée au vide-maison.